Trois lettres qui restent suspendues en l'air quand on les prononce en France.
Trois lettres qui ont résonnées, dans l'explosion qui à couté la vie à 31 personnes, et a traumatisé plusieurs milliers de Toulousains.
L'enquete officielle a conclue a une relaxe générale, faute d'avoir pu mettre en évidence des coupables, sinon des responsables. 31 morts, et rien.
L'enquete officielle s'est concentré sur l'explication de l'existence de 2 explosions, car 2 explosions effectives seraient en contradiction avec l'enquête officielle, concluant à une seule explosion, celle du hangar 221, contenant du nitrate d'ammonium. En effet, il aurait été déposé, 20 minutes avant la déflagration, une quantité de dichloroisocyanurate de sodium, (du chlore à piscine), sur le tas de nitrate. La réaction entre les 2 produits aurait permis la formation de Trichlorure d'azote, un explosif primaire, qui a entrainé une explosion du tas complet. Kaboooommmmm.
D'un point de vue juridique, il n'y a pas de preuve que le 2eme produit, le DCCNa, s'est bien trouvé sur le tas de nitrate.
Extrait du jugement:
""Le dommage est patent, les fautes sont toutes en lien avec le croisement de deux produits incompatibles, le DCCNa et le nitrate d'ammonium qui a explosé, mais il manque le dernier maillon, la preuve de la présence de DCCNa dans la benne déversée sur le tas de nitrates une demi-heure avant l'explosion", a détaillé M. Le Monnyer (président du tribunal). "
Ceci dit, cette destruction n'est pas non plus contestée, comme étant bien ce qui va causer la déflagration et la ruine d'AZF et des environs. C'est sur la cause de cette explosion que résident les désaccords.
Mais alors pourquoi 2 bruits explosions? L'existence et la perception des ces 2 explosions ne sont contestées par personne. C'est leur analyse et leur origines où les opinions différent. L'enquete officielle a donc du trouver une raison à ces 2 explosions, à priori en contradiction avec l'hypothese officielle de l'origine de la catastrophe que je viens d'exposer plus haut.
Explication officielle retenue dans le procès :
L'explosion du hangar a généré 2 ondes sonores. Une sismique, qui se propage par le sol, à environ 2.7 km / sec, et une Atmosphérique, qui se propage comme le tonnerre à environ 340 m / Sec.
Ce sont ces deux fronts d'ondes qui auraient été perçus par les témoins, avec en fait une origine commune mais un média différent.
Il n'est pas compliqué de comprendre que après 1/2sec, l'onde sismique aura progressé de 1,35 km.
L'onde atmospherique, elle, mettra plus longtemps pour faire ce kilometre:
1.35 km/0.340 = 3.97 ~ 4 sec.
Donc, un témoin situé à 1km entendrait un 1er bang 1/2sec apres la déflagration , puis un 2eme 3,5 sec apres.
Si on applique le meme raisonnement pour un témoin se trouvant à 2.7 km, il entendra le bang sismique 1 seconde apres l'explosion, et entendra le bang atmospherique 7 secondes (2.7 /0.34= 7.9 sec, disons 8 sec-1=7) plus tard.
Si on applique toujours ce calcul pour une distance de 13 km,
10 secondes pour l'onde Sismique
40 secondes pour l'onde atmospherique (un peu comme un orage lointain qui gronde)
Soit...30 secondes entre les 2 explosions.
Donc en confrontant les 2 témoignages , on doit pouvoir retrouver un écart entre les 2 bangs qui grandit au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'épicentre.
Alain Joets, chercheur CNRS tout à fait académique et sérieux (un coup de google pourra vous en convaincre) a mené une analyse auprès de certains de ces témoins. Sa sélection s'est faite en se limitant aux témoins ayant fait des gestes ou des actions précises permettant de re-chronométrer l'écart entre la perception des 2 explosions. Par exemple, prendre un objet et entendre la 1ere explosion, marquer un temps d'arret puis se tourner pour reposer l'objet dans un meuble par exemple, ou bien mesurer une distance effectuée entre les 2 explosions et en déduire un timing compte tenu de la vitesse de déplacement.
Toutes les mesures qu'il a effectuées convergent vers une durée entre les 2 explosions se situant entre 6 et 11 secondes, quelle que soit la distance du témoin par rapport à l'épicentre.
La seule explication logique est l'existence de 2 sources d'explosions, et non une seule, et un seul média de transmission, atmosphérique.
Un témoignage limpide sur ce même sujet, depuis le blog AZF Enquete assassinée
Le 21 septembre 2001, vers 10 h 17, M. H. est assis à son bureau quand il est alerté par un incident électrique, la lumière des lampes au néon de son bureau fluctue, un phénomène caractéristique d’une baisse de tension. Il se lève, fait le tour de son bureau et sort dans le couloir pour se diriger vers la salle de contrôle. Neuf à dix secondes viennent de s’écouler ainsi que la reconstitution, en présence du juge Perriquet, a pu l’établir. C’est à ce moment là, que M . H. entend un « bang » assez fort.
Pensant que ce bruit provient de son usine et redoutant un accident, il revient dans son bureau pour prendre son casque et en ressort immédiatement. A nouveau dans le couloir, il entend un « boum », bien plus fort que le « bang ». La reconstitution a démontré que le temps qui s’est écoulé entre les deux explosions a été d’environ huit secondes, avec une incertitude inférieure à une seconde en plus ou en moins.
Or, un bruit sismique, transmis par le sol, du hangar 221 aurait dû parvenir à la Setmi en 3/4 de seconde. Si donc le premier « bang » entendu par M. H. avait été un signal sismique de l’explosion du hangar 221, celui-ci aurait dû l’entendre, non pas 8 à 9 secondes après la fluctuation électrique, mais à peine une seconde plus tard, si ce « bang » et la fluctuation électrique sont les conséquences d’un seul événement. Autrement dit, il aurait dû percevoir les deux événements quasiment simultanément. Alors qu’après les fluctuations, M. H se lève, contourne son bureau et décide de se rendre dans la salle de contrôle avant d’entendre cette première explosion…
L’hypothèse du bruit sismique ainsi écartée, cette contradiction démontre qu’il y a bien eu deux explosions, et non pas une seule qui aurait produit deux bruits.
Pensant que ce bruit provient de son usine et redoutant un accident, il revient dans son bureau pour prendre son casque et en ressort immédiatement. A nouveau dans le couloir, il entend un « boum », bien plus fort que le « bang ». La reconstitution a démontré que le temps qui s’est écoulé entre les deux explosions a été d’environ huit secondes, avec une incertitude inférieure à une seconde en plus ou en moins.
Or, un bruit sismique, transmis par le sol, du hangar 221 aurait dû parvenir à la Setmi en 3/4 de seconde. Si donc le premier « bang » entendu par M. H. avait été un signal sismique de l’explosion du hangar 221, celui-ci aurait dû l’entendre, non pas 8 à 9 secondes après la fluctuation électrique, mais à peine une seconde plus tard, si ce « bang » et la fluctuation électrique sont les conséquences d’un seul événement. Autrement dit, il aurait dû percevoir les deux événements quasiment simultanément. Alors qu’après les fluctuations, M. H se lève, contourne son bureau et décide de se rendre dans la salle de contrôle avant d’entendre cette première explosion…
L’hypothèse du bruit sismique ainsi écartée, cette contradiction démontre qu’il y a bien eu deux explosions, et non pas une seule qui aurait produit deux bruits.
Ce point est évidemment crucial pour l'enquête, puisque il invalide la thèse décrite plus haut.
Non seulement il invalide la thèse officielle, mais il faut naitre de nouvelles questions, et en particulier une:
Qu'est ce qui a explosé en 1er?
Car il n y'a guère de débat sur 2eme explosion, qui serait une conséquence de la 1ere....
Et tout cela s'est passé à 500 metres de ISOCHEM, qui utilise des solvants, et de la SNPE (Société Nationale des Poudres et Explosifs).....
C'est une autre histoire sur laquelle je reviendrais un autre jour....
Quelques liens pour approfondir l'affaire:
http://www.azf-10h18.com/public.html . Tres tres gros site, à tous les sens du terme....allez voir.
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